Un voisin avenant - Étienne Dastou
Étienne Dastou

Étudiant en théologie, la quête de ma spiritualité n’est pas mon unique passion: je suis aussi un grand fan de la technologie. C’est pourquoi – en plus de mes études - j’agis aussi comme programmeur à temps partiel dans une agence. C’est une façon pour moi d’être en contact avec le futur. Dans ce blogue, vous aurez sûrement l’occasion de me lire: parlant de mon travail ou de ces livres interminables que je suis en train d’apprendre.

Un voisin avenant

Un voisin avenant - Étienne Dastou

Alors que je revenais de mon cours de théâtre, j’ai croisé Justin sur mon trajet, et je me suis arrêtée pour lui proposer de le ramener chez lui. Il habite près de chez moi, et la pluie tombait. Il s’engouffra dans mon auto en me remerciant. J’ai parlé des récents aménagements dans notre quartier, notamment des trottoirs, et il m’a donné un avis très positif. Il m’a aussi parlé du spécialiste qui s’occupe de sa planification financiere personnelle Québec, car j’étais intéressée par sa façon de faire. Quand je l’ai posé devant la porte de sa résidence, j’ai senti une hésitation de sa part. J’ai senti qu’il voulait continuer à parler avec moi, je lui ai donc suggéré de venir prendre un café chez moi. Il a eu l’air très heureux et accepta cette proposition. Le temps était toujours aussi mauvais, et la pluie n’arrêtait pas de tambouriner sur les vitres de mes fenêtres de toit.

Nous entendions le son du martèlement jusqu’en bas. J’étais intriguée que mon voisin soit seul. Sa conjointe était, habituellement, chez eux, car elle a un travail à domicile. Elle ne sort que rarement. Je n’ai pas osé poser de questions, en pensant que le couple s’était peut-être disputé, et que Justin voulait seulement repousser le moment de rentrer et d’affronter Isabelle. Finalement, j’ai fait comprendre à mon voisin que je devais me préparer à sortir. J’étais conviée pour la première diffusion d’un court-métrage auquel mon frère avait participé. Je voyais que le jeune homme repoussait au maximum le moment de partir. Il finit par m’en avouer la cause, sans que j’aie à lui poser la question. Il recevait la meilleure amie de sa conjointe, et il voulait laisser les deux femmes seules le plus longtemps possible.

J’ai trouvé que son attention était très gentille, et qu’Isabelle avait beaucoup de chance d’avoir un conjoint si prévenant. Pendant la diffusion du court-métrage, j’ai senti que mon téléphone cellulaire sonnait, mais je n’ai pas voulu répondre à cet appel. En sortant, j’ai regardé l’appareil. Justin avait essayé de me joindre. Un message écrit m’expliquait qu’il avait trouvé la porte de chez lui verrouillée, et qu’il avait oublié de prendre ses clés. Ses appels et messages répétés à sa conjointe n’avaient reçu aucune réponse. J’espérais qu’il était parvenu à trouver un lieu où se réfugier en attendant de pouvoir rentrer chez lui. J’ai su, quelques jours plus tard, qu’il était resté dehors, jusqu’à plus de minuit.