Un divorce comme un autre - Étienne Dastou
Étienne Dastou

Étudiant en théologie, la quête de ma spiritualité n’est pas mon unique passion: je suis aussi un grand fan de la technologie. C’est pourquoi – en plus de mes études - j’agis aussi comme programmeur à temps partiel dans une agence. C’est une façon pour moi d’être en contact avec le futur. Dans ce blogue, vous aurez sûrement l’occasion de me lire: parlant de mon travail ou de ces livres interminables que je suis en train d’apprendre.

Un divorce comme un autre

Un divorce comme un autre - Étienne Dastou

Quel que soit l’âge, il y a des choses pour lesquelles nous ne sommes pas préparés. J’avais plus de 20 ans, et je n’arrivais pas à me faire au divorce de mes parents. Ma mère avait claqué la porte, il y a de cela quelque mois, laissant mon père seul dans notre maison. Aujourd’hui, nous étions, ma sœur et moi, assis sur un des bancs du tribunal, assistant à la fin d’une liaison maritale argumentée par un juge et deux avocats. Mon père avait porté plainte le jour du départ de ma mère, pour abandon de domicile. Celle-ci, avait porté plainte à son tour pour faute grave.

Cela faisait maintenant trois fois depuis le début de l’audience, que le juge ordonnait à mes parents de se tenir correctement. Ce n’est pas que nous n’avions pas l’habitude de les voir se disputer qui nous gênait. C’était seulement que, cette fois, le spectacle était gratuit aux yeux d’autrui, et que nous étions ma sœur et moi, totalement impuissants face à cela. Le verdict tomba quelques minutes plus tard. Aux premiers mots sortis de la bouche du juge, je comprenais que nous allions perdre la maison.

Nous prenions ma sœur et moi, chacun de nos parents séparés pour connaître leurs intentions et savoir ce qu’il en retournait de nos obligations. Nous avions reçu la permission de choisir parmi tous les objets se trouvant dans la maison ceux qui nous intéressaient ma sœur et moi. Nous devions nous débrouiller pour faire le partage entre nous de sorte qu’aucun de notre père ou mère n’aient à s’en mêler. À l’évidence, la vente de la maison avait sûrement été décidée depuis longtemps. L’après-midi venu, nous partions ma sœur et moi visiter ensemble pour la dernière fois le lieu de notre enfance.

Je rentrais dans la chambre de mes parents comme on rentre dans un lieu interdit. Cela faisait très longtemps que je n’y avais pas mis les pieds. Tous les objets de ma mère étaient restés présents. Mon père n’y avait pas touché. Sur la table de nuit, il y avait une multitude de bouteilles et de boîtes. Ma mère était un parfait cobaye. Elle ne pouvait s’empêcher d’essayer tous les produits anti-âges. En prenant l’un d’eux dans ma main, je lisais que c’était normalement utilisé pour faire des acide hyaluronique. Je me demandais bien ce que cela pouvait être. Rien que le mot acide me faisait peur. Ma sœur klaxonna de sa voiture pour m’avertir qu’elle en avait fini. Il était temps moi aussi que je parte. La page était tournée.