Un changement d'image - Étienne Dastou
Étienne Dastou

Étudiant en théologie, la quête de ma spiritualité n’est pas mon unique passion: je suis aussi un grand fan de la technologie. C’est pourquoi – en plus de mes études - j’agis aussi comme programmeur à temps partiel dans une agence. C’est une façon pour moi d’être en contact avec le futur. Dans ce blogue, vous aurez sûrement l’occasion de me lire: parlant de mon travail ou de ces livres interminables que je suis en train d’apprendre.

Un changement d'image

Un changement d'image - Étienne Dastou

Je souhaitais changer un tatouage que j’avais fait dans le cou. Il était très difficile, à présent que je mettais des chemises et des costumes, de le dissimuler. Le motif évoque une coupure, comme si j’avais été blessé profondément. Ce qui m’amusait quelques années plus tôt n’était plus d’actualité, à présent. Mon évolution professionnelle exigeait que je porte une nouvelle attention à ces détails. Je connaissais une collègue qui faisait très attention à elle. Sa cure de juvederm avait fait des miracles. Je reconnais que son apparence lui avait apporté de nombreux compliments de la part de ses collègues, et même de ses clients. J’avais surpris certaines personnes qui avaient contemplé avec intérêt l’image marquée dans mon cou. Leur regard sur moi avait changé après cela. J’étais moins pris au sérieux. Pourtant, mes compétences étaient toujours égales. Je ne pouvais me rebeller contre l’ordre établi. Je décidais alors de voir quel motif pourrait couvrir celui que je portais.

Une de mes amies avait eu le même problème. La reproduction du signe communiste qu’elle avait sur la main était trop visible. Elle avait réussi à la cacher en transformant les célèbres outils en fleurs. L’effet final était très joli. C’était elle qui avait soumis l’idée à un tatoueur. Elle avait même réalisé le dessin qu’elle voulait. Je la savais douée dans tous les arts plastiques. Je lui envoyais un message où je lui demandais si nous pouvions bientôt nous rencontrer. J’avais une demande à lui exposer. Je réfléchis, je me documentais, je griffonnais des arabesques celtiques sur un papier. Quand je la rencontrais, j’avais bien ordonné mes pensées. Je lui exposais en détail, croquis à l’appui, ce que je désirais exactement. Elle chercha toute la soirée, à l’aide d’une photo qu’elle avait prise de mon tatouage. Elle tentait désespérément d’y caser des volutes gracieuses.

Finalement, elle regarda dans un de ses livres sur les images que les Maoris gravent dans leur peau. Cela l’inspira, elle réalisa rapidement une esquisse qu’elle me présenta. Elle me précisa qu’elle devait la retravailler. J’étais déjà épatée de qualité de cette ébauche. Plusieurs jours après, elle m’envoya un message pour m’inviter à donner mon avis sur le dessin qu’elle avait terminé. J’étais impatient de voir le résultat. Il n’avait plus rien à voir avec ce qu’elle m’avait précédemment exposé. Mais elle avait réussi le tour de force de transformer mon agressive image en une vigne qui s’enroulait. Cela me plaisait vraiment. Il ne me restait plus qu’à aller chez un tatoueur.